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Pourquoi doit-on faire accorder son piano? 
Le piano est un instrument dont la structure harmonique est composée de 210 à 230 cordes,
exerçant une tension de 16 à 20 tonnes sur le cadre métallique.
De plus, ces cordes viennent, par l'intermédiaire du « chevalet », exercer une pression de plusieurs centaines de kilos sur la table d'harmonie,
épaisse seulement de 9 à 12 millimètres. (charge)
Lors de changement hygrométrique, et avec le temps, ces cordes subissent un étirement obligeant une intervention pour les retendre, cela s'appelle « l'accord ».
Un ensemble de cordes inégalement tendues provoque une déstabilisation de la tension sur le cadre,
ce qui est préjudiciable à la stabilité de la structure harmonique,
et peut provoquer des dégâts sur la table : fentes, décollement des chevalets, décollement des barrettes, etc.
Il est bien entendu plus agréable pour les oreilles du pianiste comme de l'auditoire de jouer sur un instrument « juste ».
Pourquoi?
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'en acoustique, chaque fréquence engendre des « harmoniques »,
fréquences résiduelles provoquées par la mise en vibration de la corde tendue.
- Harmonique 1 = octave = doublement de la fréquence d'origine.
- Harmonique 2 = 15ème= octave+ quinte
- Harmonique 3 = double octave.
Etc.
Le plan de corde de la structure harmonique du piano est calculé en fonction de plusieurs paramètres interdépendants, qui sont :
- La longueur de la partie vibrante
- Le diamètre de la corde
- La tension de la corde
- La fréquence désirée
- Le point de frappe du marteau.
Pour une longueur de partie vibrante donnée et un diamètre, modifié la tension résulte à modifier la fréquence,
mais le point de frappe étant défini, les harmoniques résiduelles apparaissent moins nettes,
ce qui provoquent lorsque l’on joue un accord, une cacophonie harmonique.
Ce qu’il faut savoir également, c’est que l’on pratique sur le piano un « accord tempéré »
c'est-à-dire pour rendre le tempérament de la partition (une octave) égal, il faut augmenter légèrement les quartes, et diminuer les quintes,
afin d’obtenir une progression dans la fréquence des battements des tierces et sixtes.
De plus, l’oreille humaine à tendance à monter les fréquences des aigües, et à descendre celles des basses.
Ainsi, un piano bien accordé pour l’oreille humaine, avec un timbre mélodique, clair, précis et harmonieux,
est complètement « faux » sur le plan mathématique du terme.
C’est pour cette raison qu’aucun appareil électronique ne peut remplacer l’oreille,
car pour chaque pianos, qui évidemment n’ont pas le même plan de corde, on doit pratiquer un ajustement différent.
Certains instruments sonnent mieux en étant accordés au La 442, ou 444, selon leurs spécifications techniques, notamment les pianos à queue de concert.
Accorder un piano afin que le son soit harmonieux est une chose, qu’il le reste est un objectif tout aussi important.
En effet, le seul moyen pour modifier la tension de la corde, et le plus simple, est de l’entourer à une de ses extrémité autour d’une cheville,
elle-même enfoncée de force dans un bloc de bois dur, appelé sommier.
Il est évident sur le plan mécanique, que lorsque l’on exerce une torsion sur la partie externe de la cheville, la partie interne réagie différemment,
c’est pour cela qu’il faut « caller » la cheville lors de l’accord, c'est-à-dire monter un petit peu plus haut la corde,
puis « asseoir » la cheville afin d’obtenir la fréquence requise ainsi que le calage de la cheville.
Ce « coup de main » ne s’acquière pas immédiatement, et il est primordial afin d’obtenir une durée dans le temps de l’accord.
Les tension résultante également des friction de la corde sur le chevalet et le sillet sont à prendre en compte également,
c’est pour cela qu’un instrument accordé régulièrement est bien meilleur dans le temps qu’un autre
où la tension aléatoire des cordes sur la structure harmonique ne peut que provoquer des désagréments fort couteux.
